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bitcoin craig wright mensonge ou vérité analyse comportementale 2
Auteur: Othello (admin)
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Cette semaine, l’entrepreneur et informaticien Craig Wright a déclaré à la BBC n’être nulle autre que Satoshi Nakomoto, le pseudonyme utilisé par le créateur même de Bitcoin, la plateforme de monnaie virtuelle et non-étatique lancée en 2008. Devant l’ampleur de l’affaire, Wright a promis de fournir des preuves additionnelles et irréfutables de ses affirmations, avant de se rétracter quelques jours plus tard, affirmant ne pas “avoir le courage” d’aller jusqu’au bout de sa démarche. Imposteur ou victime ? Découvrez notre analyse de l’interview de Craig Wright, que nous avons passée à la moulinette de nos outils de Détection du mensonge.

 

Le 31 octobre 2008, plusieurs chercheurs en cryptographie reçoivent un mail présentant sobrement « un nouveau système de cash électronique dont le fonctionnement dépend uniquement d’un réseau peer-to-peer ». Le mail est accompagné d’une dense notice en pièce jointe. Peu comprendront alors les implications monumentales et la portée véritablement subversive de ce système. L’utilisation d’un réseau peer-to-peer implique la possibilité de décentraliser un service tout en renforçant sa sécurisation.

Le contexte : une révolution initiée sous un mystérieux pseudonyme

Appliqué à une forme de « cash électronique », cela signifie qu’il est désormais possible d’effectuer des transactions monétaires sans partie tierce de confiance. En d’autres termes : libérer la monnaie de l’emprise des Etats et des banques… Une révolution.

Ce nouveau système a un nom : Bitcoin. Et l’expéditeur de ce mail aussi : Satoshi Nakamoto. Une mystérieuse signature qui contribua en partie au succès médiatique et à la légende de Bitcoin. Et qui anima tout autant nombre de journalistes et d’enquêteurs cherchant depuis toutes ces années à trouver l’identité de Satoshi. Qui se cache donc derrière ce pseudonyme ? Un unique individu ? Un groupe ? Qui est le véritable créateur de Bitcoin ? Pourquoi agir dans l’anonymat et la clandestinité ? Que pourrait provoquer la révélation de son identité ?

Des rumeurs grandissantes autour de l’homme d’affaires Craig Wright

En mars 2014, Newsweek pensait avoir identifié un Japonais résidant aux Etats-Unis, nommé Dorian Satoshi Nakamoto, comme étant le fameux Satoshi. Simple homonyme qui s’en défendit, et menaça même d’engager des poursuites contre le magazine. Un an et demi plus tard, fin 2015, ce sont les investigateurs de Wired et Gizmodo qui pensent mettre la main sur le bon Satoshi, de son vrai nom : Craig Steven Wright, un informaticien et homme d’affaires australien. Il aurait collaboré avec deux autres développeurs, Hal Finney et Dave Kleiman, disparus respectivement en 2014 et 2013. Le domicile de Craig Wright, basé à Sydney, aurait été perquisitionné par la police australienne peu de temps après ces révélations. Mais pour un motif tout autre, en rapport avec le fisc. Craig Wright nia ensuite tout lien avec Bitcoin.

L’affaire aurait pu s’arrêter là, et le mystère rester entier. Mais de nouvelles révélations vont être apportées… par Craig Wright lui-même. Le 2 mai 2016, il « avoue » finalement être le Satoshi tant recherché dans un entretien filmé par la BBC.

 

 

Notre analyse comportementale de l’interview de Craig Wright

Suite à cet entretien, la toile se déchaîne : Craig Wright est-il un imposteur, ou véritablement le génial Satoshi Nakamoto ? Si chacun y va de son opinion dans la communauté Bitcoin, c’est essentiellement sur l’aspect technique de la “preuve” apportée par Craig Wright à la BBC, et sur son caractère réfutable, que les analyses se focalisent.

De notre côté, c’est sous un tout autre angle que notre analyse des déclarations de l’informaticien porte. En effet, le comportement même de Craig Wright dans cette interview permettait-il de se faire une idée quant la crédibilité de ses propos ?

Notre avis : l’homme d’affaires laisse échapper au moins 3 signaux faibles du mensonge dans ses déclarations.

Signal n°1 : un temps de réponse long

Si l’on se concentre sur la seule question véritablement critique de l’entretien, posée en tout début d’interview (“Vous allez me montrer que Satoshi Nakamato, c’est vous ?”), que remarque-t-on ?

Tout d’abord, un temps de réponse semblant un peu trop long par rapport à la nature de la question (2 secondes, entre 0:26 et 0:28).

Notons toutefois que ce temps de pause, que nous tendons ici à interpréter comme un signe de réflexion et de charge cognitive, pourrait théoriquement également correspondre à un pur effet rhétorique, volontairement utilisé par Craig Wright pour donner de l’emphase à sa réponse.

Signal n°2 : un clignement d’yeux prolongé

Deuxième élément notable : la présence d’un clignement d’yeux prolongé, d’un peu plus d’une seconde, entre 0:28 et 0:29.

Si la nictation (clignement d’œil) est un processus naturel permettant de répartir l’humidité sur la surface de l’œil, sa durée typique est d’environ 150 millisecondes. Un clignement d’yeux significativement plus long au contraire peut être révélateur d’un effort de réflexion. Par exemple, sur la réponse à apporter à une question.

Dans le cas de Craig Wright, il est d’autant plus probable qu’il s’agisse bien d’un signe de charge cognitive qu’il suit directement un temps de réponse prolongé (signal n°1).

Signal n°3 : une expression faciale de mépris

Dans la foulée, Craig Wright laisse également fuiter un dernier signe au niveau de ses expressions faciales. Plus précisément, la contraction du coin gauche de sa lèvre (correspondant à l’unité d’action 14 du Facial Action Coding System), ici caractéristique d’un sentiment de mépris.

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Interview BBC – Craig Wright montre une expression faciale de mépris à 0:28

 

Craig Wright montre donc dans son comportement 3 points d’attention. Par 3 canaux de communication différents. Le tout, en l’espace de quelques secondes seulement après qu’une question critique lui ait été posée.

De quoi répandre une nouvelle brume de troubles et d’incertitudes…sur la véritable identité du mystérieux Satoshi.

 

Crédits photo et vidéo : Brian Klug ; BBC

Jeudi 3 mars 2016 : le beau-père d’Antoine Dupont, disparu le 28 janvier 2015, est passé aux aveux. Après un an de mensonges, Marc Demeulemeester, qui avait activement participé à la recherche de l’adolescent depuis sa disparition, vient de reconnaître avoir étranglé Antoine Dupont dans son sommeil avec du fil de fer. Avant d’indiquer, aux enquêteurs, la localisation du corps de l’enfant, dans le canal d’Aire.

Plusieurs fois apparu dans les médias dans le cadre d’appels à témoins, la question qui se pose aujourd’hui, comme dans tous les cas similaires où c’est un proche qui est en réalité impliqué dans la disparition d’un enfant, est la suivante : pouvait-on savoir que c’était lui ?

Si suite aux aveux, bon nombre de personnes vont se livrer à de la post-rationalisation (“ça se voyait qu’il mentait, il baissait beaucoup trop les yeux”, “il s’est gratté le nez en disant cela”, etc.), il est tout d’abord essentiel de réaliser que détecter un mensonge est une tâche extrêmement compliquée. Sans entraînement, nous ne sommes ainsi en moyenne que corrects à 54% dans nos jugements pour dire si quelqu’un ment (Bond, Jr. & DePaulo, 2006). Et pour cause : les signaux du mensonge sont généralement faibles et difficiles à détecter (DePaulo et al., 2003). Et ce, d’autant plus quand on ne peut pas interroger soi-même la personne suspectée de mentir, et définir une stratégie d’entretien permettant de se faciliter la tâche.

Dans les quelques rapides déclarations de Marc Demeulemeester, était-il pour autant impossible de douter de la crédibilité du beau-père d’Antoine Dupont ?

Notre avis : il y avait au moins 4 signaux faibles du mensonge dans les déclarations de Marc Demeulemeester.


Interview de Marc Demeulemeester (avril 2015)

1. Une pauvreté des détails sur le contexte de la disparition 

Si Marc Demeulemeester semblait volontiers se présenter devant les journalistes et organiser les campagnes de recherche de l’adolescent, il est notablement plus flou lorsqu’il s’agissait de fournir des détails sur le contexte de la disparition d’Antoine Dupont. Dans son interview d’avril 2015 en effet, qu’apprend-on ? Simplement que l’adolescent “était là”, à son domicile, dans l’après-midi…puis qu’il ne l’était plus.

Ce manque de détails dans ce segment contraste avec le reste de l’interview, où Marc Demeulemeester est sensiblement plus loquace.

2. Des signes d’une activité cognitive sur le contexte de la disparition

Autre élément notable dans ce segment (30 premières secondes de l’interview), Marc Demeulemeester montre de nombreux signes de réflexion. De fait, mentir est une activité cognitive complexe, puisque la personne doit alors à la fois se rappeler de sa version des faits et contrôler son comportement pour transmettre une bonne impression à ses interlocuteurs.

Dans ce segment, l’un des seuls où Marc Demeulemeester est en réalité véritablement en train de mentir dans cette interview, on remarque notamment :
- Des discontinuités dans ses paroles, un certain manque de fluidité
- Un clignement d’yeux particulièrement long, caractéristique d’une charge cognitive, lorsqu’il dit “je ne l’ai pas vu partir” (00:00:16)

Cognitive load

 

 

 

 

 

 

 
3. Un manque global d’émotions

S’il serait inexact d’affirmer que Marc Demeulemeester ne montre aucune émotion dans ses interviews (il montre notamment sur l’image ci-dessous des signes de la famille d’émotions de la tristesse, dont d’ailleurs le regret fait partie), force est de constater que ces signes d’émotions sont relativement rares et très contenus, compte-tenu de la nature de la situation.

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4. Un langage distancier et un choix de pronom dilutif

- Journaliste (00:01:57) : Vous n’avez aucune idée aujourd’hui d’où est Antoine ?
- Marc Demeulemeesteron n’a aucune idée. Et justement à la fin de cette battue, si on ne trouve rien bah peut-être on ne sait pas où est-ce qu’il est aujourd’hui, mais on sait où est-ce qu’il n’est pas. C’est un petit début de quelque chose. C’est infime, mais quand on n’a rien c’est beaucoup.

Enfin, lorsque Marc Demeulemeester est interrogé personnellement par une journaliste sur sa connaissance du lieu éventuel où Antoine Dupont pourrait se trouver, son beau-père choisit de répondre avec le pronom personnel “on”, qui le dilue au sein du groupe de recherche, plutôt que de répondre personnellement avec le pronom personnel “je” (ex : “Non, je n’en ai aucune idée”).

Ce stratagème linguistique, utilisé par Marc Demeulemeester, lui permet de se distancier psychologiquement de sa victime, et surtout de détourner l’attention de sa personne en la diluant au sein du groupe.

 

 

Crédit photos et vidéo : France 3 Nord-Pas-de-Calais

Références :

Bond, Jr., C., & DePaulo, B. (2006). Accuracy of Deception Judgments: Appendix A. Personality And Social Psychology Review, 10(3). http://dx.doi.org/10.1207/s15327957pspr1003_2a

DePaulo, B., Lindsay, J., Malone, B., Muhlenbruck, L., Charlton, K., & Cooper, H. (2003). Cues to deception. Psychological Bulletin, 129(1), 74-118. http://dx.doi.org/10.1037/0033-2909.129.1.74

benzema-valbuena
Auteur: Othello (admin)
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Mercredi 2 décembre 2015, TF1 diffusait une interview où Karim Benzema s’exprimait sur son rôle dans l’affaire dite de la “sextape” et le chantage subi par son coéquipier Mathieu Valbuena. Benzema était-il sincère dans ses déclarations ? Notre avis :  les bonnes questions ne lui ont pas été posées. Lire la suite

Des chercheurs de la California State University ont réalisé une étude montrant qu’une personne ment mieux si elle a envie d’uriner. Le cerveau, qui inhibe alors un besoin physique, réalise dans le même temps une inhibition cognitive qui permet de mentir plus efficacement. On parle d’Effet Indirect de l’Inhibition (Inhibitory-Spillover-Effect).

Avoir un besoin urgent d’uriner aiderait à mentir plus efficacement. Les signaux que l’on active malgré soi quand on raconte un mensonge (comme la pauvreté du récit), seraient moins bien décelables si dans le même temps on a une envie pressante d’uriner. L’étude menée par une équipe de chercheurs américains de la California State University, est arrivée à la conclusion suivante : le comportement que le cerveau adopte lorsqu’il maîtrise la vessie influe sur la capacité à contrôler dans le même temps un tout autre domaine, celui de mentir efficacement. Ce lien qui existe entre ces deux actions si différentes s’appelle l’ISE, l’ « Inhibitory-Spillover-Effect » (l’Effet Indirect de l’Inhibition). En l’occurrence, réprimer son envie d’uriner améliore simultanément sa « capacité à inhiber notre tendance naturelle à dire la vérité ». Lire la suite

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Faux Avis
Auteur: Othello (admin)
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Que ce soit sur Tripadvisor, Amazon, ou encore Yelp, les faux commentaires sont partout. Et pour cause : selon une étude publiée sur le site de la Harvard Business School, une augmentation d’une étoile de la note d’un restaurant sur Yelp mènerait à une augmentation de 5% à 9% de ses revenus.

Souvent difficiles à repérer, ces faux commentaires encensent un restaurant, critiquent un produit ou renvoient plus ou moins subtilement vers un site en quête de visibilité (nous avons d’ailleurs décliné cette semaine même une proposition d’insertion de lien dans l’un de nos articles contre rémunération par une agence de webmarketing).

Si la pratique est illégale en France, elle atteint pourtant des records ces dernières années : 45% d’« anomalies » en matière d’avis de consommateurs ont ainsi été repérées par la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) en 2013. Et avec l’abondance de ces faux commentaires, c’est tout le système de recommandation des sites qui s’effondre.

Dès lors, peut-on repérer ces faux avis de manière fiable ? Si oui, comment les détecter précisément ? Lire la suite

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ET-Rosswell
Auteur: Othello (admin)
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Article initialement publié sur le site Othello.

Depuis ses premières déclarations publiques sur le sujet en 2005, Paul Hellyer, 91 ans, n’a eu de cesse de répéter son message : oui les extraterrestres existent, oui les extraterrestres sont déjà parmi nous, et le gouvernement américain travaille avec eux depuis plus de 60 ans.

Dans ses révélations en date de mai 2015 par le biais d’une vidéo, Paul Hellyer a créé un véritable buzz sur la toile : “Nous n’avons plus que quelques mois” affirme-t-il, tout en dénonçant dans la foulée le rôle de la “money mafia” et des lobbys dirigeant nos sociétés.

Mais pourquoi diantre s’attarder sur de telles déclarations, qui ne sont en soi pas une première dans la rubrique phénomènes paranormaux ? Tout simplement parce qu’elles sont soutenues par un ancien ministre canadien (1963-1967), de la Défense qui plus est. Ce qui fait de lui l’officiel le plus haut gradé soutenant l’existence d’extraterrestres.

Dans cet article, nous avons choisi d’analyser une courte vidéo (10 minutes) de Paul Hellyer datant de 2013, et abordant spécifiquement la question de l’existence des aliens. Nous avons entre autres analysé ces déclarations sur la base de 19 critères verbaux, les dénommés critères « CBCA » (Criteria Based Content Analysis). Ces critères ont été développés dans les années 1960 par des psychologues allemands pour aider les juges à évaluer la crédibilité de récits dans des procès en situation de parole contre parole. Les recherches en psychologie du mensonge ont montré que ces critères permettaient de discriminer de manière fiable les récits véritablement vécus vs. inventés. Plus ces critères sont présents dans un récit, plus celui-ci sera jugé crédible (ex : quantité de détails, reproduction de conversations, etc.). Nous avons ainsi adopté une démarche en deux temps : codage de la présence de certains critères (verbaux, non-verbaux), puis évaluation de la crédibilité du témoignage sur base de ces critères.

Notre but : évaluer la crédibilité des déclarations de Paul Hellyer d’une part, déterminer si l’expérience qu’il décrit a des chances de correspondre à un événement réellement vécu par lui d’autre part, et le cas échéant s’il s’agit d’un vrai souvenir.

Il est toujours déconseillé d’analyser un récit trop souvent répété ou trop éloigné dans le temps des événements décrits, qui plus est sur base d’une vidéo dont des passages ont été coupés au montage. Malgré cela, cette courte vidéo soulève un nombre conséquent de remarques immédiates quant à la crédibilité des affirmations de l’ancien ministre :

1. Pauvreté des détails fournis.

La quantité de détails fournie est l’un des critères les plus importants pour évaluer la crédibilité d’un récit. La présence de détails inattendus est également un critère d’analyse important en CBCA. Aucun de ces critères verbaux ne peut être considéré comme présent dans les déclarations de Hellyer dans cette vidéo, tant les descriptions données sont peu détaillées et stéréotypées dans les parties critiques de son récit.

Exemples :

  • - Description des formes d’extraterrestres : il y aurait les “petits gris”, les “grands gris”, les “mantes religieuses” et les “blonds nordiques”. Nous n’en aurons pas de description plus détaillée sur toute la vidéo, et pour cause : à aucun moment Paul Hellyer ne prétend les avoir vus lui-même. Il fait au contraire état de “rapports” sur ces extraterrestres. Il s’agit donc de descriptions indirectes, expliquant la pauvreté des détails fournis.
  • - Référence aux exemples connus d’interventions d’extraterrestres sur Terre : “Il y a eu la fois dans l’Ouest des Etats-Unis où un OVNI observait des missiles balistiques intercontinentaux et les a mis hors-service”. Encore une fois, Paul Hellyer fait une révélation de première importance, mais très peu étayée : en quelle année l’événement a-t-il eu lieu ? Au-dessus de quelle ville ?

2. Rigidité du récit.

La présence de reproductions de conversations est un autre indice de crédibilité en analyse CBCA. Comme pour la quantité de détails d’un récit, plus nombreuses sont ces reproductions, plus le témoignage est jugé crédible.

Bien que nous ayons une reproduction de conversation sur un élément critique des affirmations faites par l’ancien ministre (“Tous les mots que tu as lus sont vrais et bien plus encore”), une certaine rigidité du récit est à noter dans ce témoignage. En effet, “le” général à l’origine de cette affirmation aurait répété exactement la même phrase, mot pour mot, mais en deux circonstances différentes (une fois avec Paul Hellyer, une autre avec son neveu).

En codage CBCA, rappelons enfin que la phrase “Il a dit : ‘Tous les mots que tu as lu sont vrais et bien plus encore’” compte comme une reproduction de conversation ; mais pas la tournure indirecte “il m’a dit qu’en fait il avait eu des rencontres en personne”.

3. Usage d’expressions de doute.

Sur certains passages, Paul Hellyer utilise, sans s’en rendre compte, des tournures de phrases exprimant un doute sur ses propres affirmations. Il utilise également des qualificatifs, qui sont des mots censés renforcer ses propos mais qui en termes de crédibilité les fragilisent en réalité.

Exemples :

  • - “[Les extraterrestres sont toujours en avance sur nous] j’imagine, vraisemblablement, en technologie”
  • - “Il est évident que le gouvernement américain a pris toute cette idée de technologie avancée très sérieusement”
  • - Journaliste : “Selon vous, de quelles technologies êtes-vous sûr qu’elles nous ont été fournies par des extraterrestres ?”. Paul Hellyer : “Fibre optique, puces électroniques, kevlar, lasers améliorés et tout un tas de trucs où leur technologie était bien plus avancée que la nôtre. A des années-lumière, vraiment, je pense”

4. Origine des croyances de Paul Hellyer.

Un autre aspect fondamental est de nature à remettre en question la crédibilité des affirmations de Paul Hellyer : l’origine de ses croyances en l’existence des extraterrestres.

Si ses convictions semblent être des certitudes, il est à noter qu’elles précèdent sa première expérience paranormale en personne. Dans cette vidéo, ses convictions semblent uniquement provenir de deux sources initialement :

  • - La lecture du livre The Day After Roswell
  • - Puis sa conversation avec “un” ancien général de l’armée de l’air américaine (sur lequel nous n’avons à nouveau pas plus de détails)

Il semblerait donc que sur base de ces deux éléments uniquement, Paul Hellyer ait pris la décision de faire des déclarations publiques sur l’existence d’extraterrestres.

Dans cette vidéo, toutes les autres affirmations ont ainsi été faites par l’ancien ministre sans aucune justification (ex : “il y a eu beaucoup de visites sur Terre, sans doute depuis des milliers d’années”, “ils ont peur qu’on fasse exploser notre planète”, “ils ont répertorié toutes les bases”). Il ne semble pas non plus émettre de quelconque réserve sur les “dizaines d’emails” qu’il aurait reçus suite à ses déclarations publiques.

Enfin, il est important de relever que ses convictions en l’existence d’extraterrestres sont nées après la période où il était à la tête du ministère de la Défense canadien. Ses croyances n’ont donc aucun rapport avec des informations confidentielles auxquelles il aurait eu accès par son statut.

5. Timing de la première expérience extraterrestre.

La date de la première expérience extraterrestre de l’ancien ministre soulève également un certain nombre de questions.

“L’un des problèmes que j’ai eus quand j’ai fait mes premières déclarations publiques c’est que les journalistes me disaient : “Vous en avez déjà vus ?”. Et je disais “non”. Alors ils me disaient : “On ne peut pas vous prendre au sérieux alors.”

En résumé sa première expérience survient

    1) après que sa conviction ait été forgée
    2) déclarée en public
    3) que des journalistes lui aient dit que ses déclarations ne pouvaient être prises au sérieux tant qu’il n’avait pas vécu de rencontre lui-même

6. Description de l’expérience de Paul Hellyer.

“Ma première observation, j’étais chez moi à Muskoka, il a quelques années pour Thanksgiving. Ma femme Sandra me dit : “je vais regarder les étoiles dehors”. Il y avait cette étoile très très brillante, juste de l’autre côté de la baie. On l’a tous les deux regardée, et d’un coup on l’a vu changer de position dans le ciel, de 3 ou 4 degrés, en 3 ou 4 secondes. Les étoiles, les satellites et les avions ne font pas ça. Ils ne le peuvent pas. C’était une expérience incroyablement intéressante. Et qui a bien entendu confirmé ma croyance en leur existence.”

La description de cette expérience, vécue en personne par Paul Hellyer, correspond au récit le plus détaillé de toute l’interview. On y trouve notamment :

  • - Des détails spatiaux : “déviation de 3 ou 4 degrés”, “de l’autre côté de la baie”
  • - Des détails temporels : “en 3 ou 4 secondes”, “pour Thanksgiving”
  • - Des détails visuels : “chez moi à Muskoka”, “cette étoile très très brillante”
  • - Des reproductions de conversations (avec présence d’un témoin) : “ma femme Sandra me dit : ‘je vais regarder les étoiles dehors’”
  • - Des descriptions d’interactions : “On l’a tous les deux regardée”

Ce n’est pas étonnant, dans la mesure où le récit d’un événement véritablement vécu est toujours plus détaillé que des récits d’événements rapportés. Bien que cette description soit assez peu riche en détails dans l’absolu, le fait qu’elle en contienne davantage que toutes les autres crédibilise le fait qu’elle soit véritablement survenue. D’autant que Paul Hellyer accompagne cette description de nombreux illustrateurs, qui sont des gestes n’ayant pas de sens en soi mais qui sont plus présents dans des descriptions de faits véritablement vécus (par exemple, le fait de pointer du doigt vers une direction en racontant un événement).

En supposant donc que le récit corresponde bien à un événement vraiment expérimenté par Paul Hellyer, il resterait donc à déterminer l’essentiel : s’agissait-il d’un vrai OVNI, ou d’un phénomène naturel mal interprété ?

On remarquera tout d’abord l’utilisation des mêmes chiffres pour les descriptions spatiales et temporelles (3 ou 4 degrés / 3 ou 4 secondes), dont la coïncidence peut être questionnée. On regrettera également le flou de la description sur la date de l’événement (“il y a quelques années”), rendant sa vérification et la recherche de phénomènes naturels concordants infaisable.

Notons également qu’à aucun moment Paul Hellyer n’affirme explicitement avoir vu d’OVNI dans son récit : il parle ainsi d’une “étoile” très très brillante. Pas d’un OVNI.

Par ailleurs, l’emploi même du terme croyance (“C’était une expérience [...] qui a confirmé ma croyance en leur existence”), est également intéressant. Paul Hellyer a déclaré publiquement que les extraterrestres existent, dès 2005. Qu’il en avait la preuve. Avant même d’en avoir vu lui-même. Il est donc aussi surprenant que Paul Hellyer parle de croyance que d’entendre quelqu’un dire qu’un événement aurait confirmé sa croyance dans le fait que la Terre soit ronde.

Enfin, d’un point de vue non-verbal, Paul Hellyer affiche de subtils sourires lorsqu’il décrit son expérience (lorsqu’il dit “C’était une expérience incroyablement intéressante”). Comme une fierté d’avoir expérimenté par lui-même un tel événement. D’en savoir plus.

Les pièges des biais de confirmation

Si nous devions formuler une évaluation de crédibilité sur base de cette vidéo uniquement, nous pencherions donc pour dire que Paul Hellyer :

  • - a véritablement vécu le phénomène qu’il décrit (vision d’une étoile très brillante)
  • - est véritablement convaincu qu’il a eu affaire à des extraterrestres
  • - qu’il s’agit en réalité d’un biais de confirmation, tant le fait d’avoir effectué de nombreuses déclarations publiques est engageant psychologiquement, et le pousse à interpréter toute nouvelle information de manière à ce qu’elle confirme ses croyances antérieures

Cette vidéo ne prouve donc aucunement l’existence des extraterrestres. Elle prouve seulement que de telles croyances peuvent exister à tous les échelons du pouvoir.

CC. Crédit photo : InSapphoWeTrust

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Robots_Emotions
Auteur: Othello (admin)
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“Pepper comprend nos principales émotions : la joie, la tristesse, l’énervement, la surprise, la neutralité. Il peut déterminer le sexe et l’âge d’une personne [...] et suivre 70 % d’une conversation. En analysant nos expressions faciales, notre vocabulaire et notre langage corporel, il devine dans quelle humeur vous êtes pour adapter son comportement” annonce Bruno Maisonnier, président de la start-up française Aldebaran à l’origine de ce robot intelligent.

Semblant tout droit sorti d’un film de science-fiction, Pepper serait ainsi capable de lire et d’interpréter en temps réel nos émotions pour mieux interagir avec ses utilisateurs. A la façon d’un humain.

“Si vous froncez vos sourcils, il comprend que quelque chose vous tracasse et peut par exemple vous remonter le moral en jouant un morceau que vous aimez” ajoute le président d’Aldebaran.

Assistons-nous au début d’une véritable révolution technologique comparable à la naissance du PC ? C’est en tout cas ce que pense Masayoshi Son, PDG de Softbank, opérateur mobile japonais et principal actionnaire d’Aldebaran depuis 2012. Pour encourager la diffusion de Pepper dans les foyers, SoftBank prévoit d’ailleurs une commercialisation de Pepper au prix de seulement 1400 euros. Les premiers exemplaires seront mis en vente dès fin février au Japon.

Surpasser les capacités humaines ?

Conçu avec un visage, une taille et une force d’enfant pour paraître le plus bienveillant possible, Pepper (et ses concurrents à venir) soulèvent malgré tout certaines interrogations.

S’il est aujourd’hui, d’après ces concepteurs mêmes, loin d’être parfait, Pepper va progressivement améliorer sa capacité à détecter nos émotions. Même les plus intimes.

Depuis les années 1970 et notamment les travaux du psychologue Paul Ekman, on sait en effet “coder” toutes les expressions du visage humain grâce à un système appelé le “Facial Action Coding System” (ou F.A.C.S).

Ce système a ainsi permis de déterminer le nombre de mimiques différentes que sont capables de produire nos 43 muscles faciaux. Il y en a 10 000, et si la plupart sont des grimaces, 3000 combinaisons ont en revanche un sens. Et la plupart des gens ne sont capables d’en distinguer qu’une infime partie.

Les logiciels et robots du futur feront-ils mieux ? Si la poignée d’entreprises qui se sont lancées dans la reconnaissance automatique des émotions savent toutes plus ou moins bien identifier les principales expressions faciales, leurs performances sont encore loin d’égaler celle des experts humains. Les machines font souvent preuve d’une incapacité à détecter les émotions sur des visages ne leur faisant pas directement face, ou sur des visages mal éclairés. Il peut aussi s’agir tout simplement d’une divergence entre codages automatiques et codages manuels de référence. Autant d’exemples d’imperfections que nombre de logiciels récents possèdent encore. A ce stade.

Qu’en sera-t-il lorsque ces logiciels atteindront – voire surpasseront – les capacités humaines ?

Certains logiciels proposent déjà des analyses des “micro-expressions” d’émotions, qui sont des expressions de moins d’une seconde sur le visage. Et certains marketeurs se voient déjà sonder dans les rayons des magasins l’appétence des consommateurs pour tel ou tel produit…sans même avoir à les interroger.

Crédit photo : Jill Giardino

Non verbal RIbery
Auteur: Othello (admin)
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Dans la majorité des interactions que nous observons, la communication non verbale d’une personne sert à amplifier ce qu’elle est en train de dire. C’est par exemple le cas lorsque vous rencontrez par hasard un ami d’enfance, qui vous dit : “ça me fait vraiment plaisir de te voir” et tout en affichant un sourire sincère sur son visage.

Dans d’autres cas, la communication non verbale se substitue purement et simplement aux mots. C’est dans ce cas, lorsque des gestes ont une signification propre et spécifique, que l’on peut véritablement parler de “langage” non verbal. Imaginez par exemple que vous croisiez un collègue au bureau pris dans une conversation téléphonique visiblement intense, et à qui vous demanderiez en chuchotant : “tout se passe bien avec M. Dupont ?”. S’il hochait la tête de droite à gauche sans dire un mot, vous comprendriez instantanément que ce geste signifie “Non”.

Enfin, il y a ces situations particulières et plus rares où les mots et les gestes se contredisent. C’est précisément ce à quoi on a pu assisté en regardant la dernière interview de Franck Ribéry pour le programme Téléfoot ce dimanche 17 novembre.

Regardez l’extrait suivant, entre 07:31 et 07:43 :

Que voit-on dans ce passage ?

Le footballeur international Franck Ribéry est interrogé sur les chances de qualification de la France pour le mondial 2014, suite à sa défaite 2-0 face à l’Ukraine vendredi dernier.
Ainsi, à la question du journaliste : “Vous y croyez ?”, Ribéry répond : “Bien sûr, il faut y croire jusqu’au bout”.

Notons tout d’abord que du point de vue verbal, le joueur aurait été plus convaincant en affirmant “Oui j’y crois” plutôt que “Il faut y croire”. En effet, cette formulation laisse penser que Ribéry affirme croire en ses chances de qualification davantage par devoir que par réel espoir.

Du point de vue de sa communication non verbale en revanche, le message véhiculé est sans équivoque. Alors qu’il affirme par ses mots croire en ses chances, Ribéry commence par hausser simultanément les épaules. Le geste est ici partiel et très rapide, ce qui laisse penser que ce mouvement n’était pas consciemment effectué par le joueur.

Mais que signifie la version “complète” d’un hochement des épaules, me diriez-vous ?
Ce geste, d’ailleurs déjà décrit par Darwin dans son livre publié en 1872 et intitulé L’Expression des émotions chez l’homme et les animaux , signifie lorsqu’il est effectué en réponse à une question : “je ne sais pas”. C’est un geste quasi-universel tant il est courant dans différentes cultures à travers le monde, et qui signale une forme d’incrédulité.

On parle dans ce cas d’un “lapsus gestuel” de la part Ribéry, puisque sa communication non verbale et verbale se contredisent.

Dans la foulée, le joueur laisse également échapper une belle expression de mépris sur son visage vers 07:40 :

Ce resserrement unilatérale du coin de lèvre correspond à une microexpression de mépris. Quel est le destinataire de ce mépris ? L’équipe ukrainienne qui a considérablement réduit les chances de qualification de la France ? L’équipe de France elle-même pour ne pas avoir su s’imposer ?
Une réponse définitive à cette question est difficile à donner, car si les expressions du visage peuvent révéler les émotions qu’une personne cherche à dissimuler, elles ne nous livrent pas en revanche la cause de ces émotions…

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Auteur: Othello (admin)
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Tous les aficionados du football en ont sans doute entendu parler ce dimanche 20 octobre : le défenseur et international français Patrice Evra a réglé ses comptes avec 4 commentateurs sportifs dans une interview pour le programme Telefoot, dont Bixente Lizarazu.

Concernant l’ancien champion du monde, Evra relate notamment l’épisode suivant :

“Lizarazu, je sais pas ce qu’il a contre moi.[...] Lui c’est le seul joueur, ma première sélection quand je suis arrivé en équipe de France…qui m’a pas serré la main. Ils m’ont tous serré la main à part lui. Et je me souviens parce que Thierry Henry était avec moi et il lui a dit : “Oh Liza, elle est là la relève”. Et il l’avait regardé et il a dit : “Pourquoi, on t’a dit que j’étais déjà à la retraite ?”, énervé. Donc lui il m’a jamais serré la main mais c’est comme ça.”

Sans se faire attendre, le principal intéressé répond en affirmant notamment :

Lizarazu : “Si on était dans une cour d’école, je lui dirais que…cette fameuse sélection en équipe de France, j’étais pas là, parce que j’avais arrêté ma carrière internationale.”

Journaliste : “[...]Vous l’avez jamais croisé en équipe de France ?”

Lizarazu : “Bah écoute sa première sélection…tu l’as pas regardée sa première sélection ? C’est en août 2004, …”

Journaliste : “Il a pu être convoqué, vous n’avez jamais été convoqués ensemble avant qu’il joue ?”

Lizarazu : “Ecoute, j’ai pas ce souvenir là…mais très sincèrement après avoir vu ce que j’ai vu, j’aurais aimé lui répondre ce que j’ai répondu, soi-disant. J’aurais vraiment aimé.”

Parole contre parole, qui de Patrice Evra ou de Bixente Lizarazu dit la vérité ?

Sans évidemment pouvoir répondre de manière définitive à cette question, notons que les déclarations de Lizarazu présentent plusieurs caractéristiques qui réunies ensemble penchent plutôt en sa défaveur :

1. Une mémoire défaillante : vous le savez bien, c’est LA stratégie la plus utilisée dans les mensonges. Oublier des événements survenus il y a plus de 9 ans est évidemment tout à fait possible, mais prétendre ne pas se rappeler d’un événement permet de mentir…sans mentir stricto sensu. Cette stratégie permet également de revenir sur ses propos si des faits venaient à les contredire ultérieurement.


2. “Très sincèrement” : les mots du type “sincèrement“, “honnêtement“,…sont autant de qualificatifs qui surviennent d’autant plus souvent que l’on ne souhaite précisément pas être sincère.


3. “Lui répondre ce que j’ai répondu” : au lieu de nier l’épisode, Lizarazu justifie au contraire qu’un tel comportement de sa part aurait été acceptable. Au passage, notons qu’il aurait été plus convainquant en affirmant : “j’aurais aimé lui répondre ce que j’ai soi-disant répondu” que “j’aurais aimé lui répondre ce que j’ai répondu…soi-disant”


4. Un argumentaire pas si imparable : le 20 mai 2004, les deux hommes se sont bien croisés à l’occasion d’une rencontre internationale, dans un groupe élargi de 31 joueurs qu’avait alors convoqué Jacques Santini, le sélectionneur de l’époque, pour jouer contre le Brésil. Bien que ce fait ne prouve en rien que Lizarazu ait effectivement refusé la poignée de main, il affaiblit tout de même l’argumentaire de Lizarazu. Toutefois, du fait de l’asymétrie des statures des 2 joueurs à l’époque (champion du monde vs jeune espoir), on pourrait comprendre que la scène ait plus marqué l’un des protagonistes que l’autre…

Dans la courte déclaration d’Evra, on trouve au contraire 3 éléments généralement plus présents dans les récits véridiques :

1. Un témoin de la scène y est cité , en l’occurrence Thierry Henry. En général, les menteurs évitent de mentionner des personnes pouvant contredire leur version des faits.


2. Elle contient des reproductions de conversations (“Oh Liza, elle est là la relève” et non “Thierry Henry a dit que j’étais la relève”). C’est l’un des 19 critères CBCA utilisés pour étudier la crédibilité d’un récit.


3. Evra décrit Lizarazu comme “énervé“. Tout comme les reproductions de conversation, le fait de caractériser l’état mental de son “agresseur” est l’un des 19 critères CBCA plus présents dans les récits véridiques.

En conclusion, la balance semble davantage pencher en faveur de la version d’Evra, même si de si courtes déclarations ne sont en réalité jamais suffisantes pour juger de la crédibilité d’un récit de manière définitive.

Et vous, quelle version de l’incident vous semble la plus crédible entre celle d’Evra et de Lizarazu ?

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Auteur: Othello (admin)
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